Portfolio GEII
Rapport · SAE Asteroids · 9 / 12

Câblage & intégration matérielle

Préparation et repérage des connexions, raccordement de l'écran, de la manette et de la carte son au microcontrôleur, puis vérification de l'ensemble.

Réunir trois sous-ensembles en un système unique

Une fois les trois sous-ensembles fabriqués et validés séparément (la carte porteuse du microcontrôleur, l'écran TFT et la carte son), l'étape d'intégration consiste à les relier entre eux pour former un système unique et fonctionnel. Cette phase, en apparence simple, conditionne pourtant la fiabilité de l'ensemble : une inversion de fil, une masse oubliée ou une alimentation mal répartie suffit à empêcher tout démarrage, voire à endommager un composant.

On procède donc méthodiquement, sous-système par sous-système, en s'appuyant systématiquement sur le brochage du PIC16F18877 établi précédemment. L'idée directrice reste la même que pour le logiciel : maîtriser chaque liaison pour ne laisser aucune place à l'ambiguïté, et réduire les sources d'erreur là où le microcontrôleur lent ne pourrait pas les compenser.

Préparation et repérage des connexions

Avant tout câblage, on reporte sur papier l'ensemble des liaisons à réaliser à partir du brochage complet du microcontrôleur. Le PIC16F18877 est un boîtier 40 broches PDIP, 8 bits : chaque patte reçoit une affectation unique (entrée analogique, sortie SPI, entrée bouton, sortie son), et il est impératif de ne jamais confondre deux pattes voisines. On établit donc un plan de câblage qui associe, pour chaque signal, le nom logique (par exemple SCK écran), le port du PIC (RC3) et le numéro de patte physique (18). Ce plan devient ensuite la référence unique pour le brasage, la vérification et le dépannage.

Fil rouge

Maîtriser chaque liaison pour ne laisser aucune place à l'ambiguïté : un plan de câblage qui relie nom logique, port du PIC et patte physique sert de référence unique du brasage au dépannage.

Pour rendre le câblage plus propre et plus robuste autour du microcontrôleur, le montage repose sur deux cartes empilées. La carte rouge porte le PIC16F18877 lui-même ainsi que les composants strictement nécessaires à son fonctionnement (découplage, ligne de reset MCLR, alimentation). La carte verte, posée en regard, joue le rôle de carte d'adaptation : elle ajoute des borniers à vis qui prolongent les pattes du PIC vers l'extérieur. Plutôt que de souder directement des fils volants sur les broches fragiles du circuit intégré, on visse les conducteurs dans ces borniers, ce qui facilite le repérage, autorise les modifications et limite les risques de faux contact. Cette séparation en deux cartes présente un avantage pratique : la carte rouge peut rester intacte pendant que l'on remanie le câblage extérieur sur la carte verte.

Carte rouge portant le PIC et carte verte à borniers
Figure - Ensemble des deux cartes : la carte rouge porte le microcontrôleur, la carte verte ajoute les borniers de câblage.

Le matériel préparatoire se limite à des fils de câblage de couleurs différenciées, un tournevis fin pour les borniers, ainsi qu'un multimètre pour les contrôles ultérieurs. Le choix d'un code couleur cohérent (par exemple le gris réservé aux masses) facilite considérablement la vérification visuelle et le dépannage : une masse oubliée se repérant alors d'un simple coup d'œil.

Câblage de l'écran TFT ILI9488

L'écran se connecte au PIC par le bus SPI1 (MSSP1) configuré en maître, en mode SPI 0. Le module présente huit bornes utiles, dans l'ordre suivant : VCC, GND, SCLK, MOSI, MISO, CS, RES et DC. Le tableau ci-dessous donne la correspondance exacte avec le PIC.

Borne écran Signal Port PIC Patte Rôle
1 VCCAlimentationVDD +5V11 / 32Alimentation logique de l'écran
2 GNDMasseVSS12 / 31Référence de masse commune
3 SCLKHorloge SPIRC318Cadence les bits envoyés
4 MOSIDonnées SPIRC520PIC vers écran (SDI)
5 MISORetour SPI------Non utilisé (sens unique)
6 CSSélectionRC015Active le dialogue avec l'écran
7 RESResetRC116Réinitialisation matérielle
8 DCData/CommandRC217Distingue commande (0) et donnée (1)

La communication est volontairement à sens unique : le PIC écrit vers l'écran (MOSI seul) et ne lit jamais sa réponse. La ligne MISO de l'écran existe physiquement mais n'est pas raccordée, ce qui économise une patte et simplifie le câblage. Cette économie est sans risque ici, car le pilote bas niveau ne fait jamais de lecture de registre de l'écran. La ligne DC est essentielle : combinée à CS, elle permet au pilote de basculer entre l'envoi d'une commande (DC=0, fonction ILI9488_SendCommand) et l'envoi d'une donnée (DC=1, fonction ILI9488_SendData). En pratique, CS abaissé sélectionne l'écran, l'octet est cadencé sur SCK (RC3) et sort sur MOSI (RC5), et DC indique si cet octet doit être interprété comme une instruction ou comme une donnée de pixel. Les bornes 9 à 13 du module (BKL, SCL, SDA, INT, SDCS) ne sont pas raccordées car elles concernent des fonctions inutilisées ici (rétroéclairage commandé, interface tactile I2C, lecteur de carte SD).

Écran TFT raccordé à la carte du microcontrôleur
Figure - Liaison de l'écran ILI9488 au PIC : huit bornes câblées, bus SPI et alimentation.
Détail des bornes de l'écran ILI9488
Figure - Détail des bornes de l'écran vissées dans les borniers de la carte d'adaptation.
Carte du microcontrôleur câblée, première face
Figure - Câblage côté carte du microcontrôleur (première face).
Carte du microcontrôleur câblée, seconde face
Figure - Câblage côté carte du microcontrôleur (seconde face).
Liaison SPI entre le PIC et l'écran ILI9488
Figure - Schéma de la liaison SPI à sens unique entre le PIC et l'écran ILI9488.

Câblage de la manette (joystick et boutons)

La manette regroupe le joystick analogique deux axes et les boutons poussoirs. Les deux axes du joystick sont lus par le convertisseur analogique-numérique ADCC (10 bits, valeurs de 0 à 1023) : l'axe X est raccordé à RC7 (patte 22) et l'axe Y à RC6 (patte 21). Le joystick reçoit également son alimentation VCC et sa masse GND, communes au reste du système. Ce sont ces deux valeurs analogiques, une fois centrées et normalisées par le logiciel, qui fournissent directement le vecteur d'orientation (cos, sin) du vaisseau, sans aucun calcul d'angle.

Les boutons poussoirs sont câblés en logique active à l'état bas : une résistance de tirage (pull-up) maintient l'entrée à 1 au repos, et l'appui force l'entrée à 0. Le programme teste donc l'état 0 pour détecter un appui. Trois boutons sont effectivement utilisés :

Bouton Port PIC Patte Fonction
BRD629Tir d'un projectile
CRD528Jouer / Retour / Menu
DRD427Accès aux réglages
ARD730Non utilisé

Le bouton A (RD7, patte 30) est câblé ou laissé disponible mais n'est associé à aucune action dans le code. Ce choix de logique active-bas est classique et robuste : il évite les états flottants et garantit une lecture stable des appuis, même avec des fils de quelques dizaines de centimètres entre la manette et la carte.

Manette câblée : joystick deux axes et boutons poussoirs
Figure - Câblage de la manette : axes X (RC7) et Y (RC6) du joystick et boutons actifs-bas.

Câblage de la carte son

La carte son, bâtie autour de l'amplificateur LM386, reçoit le signal audio généré par le périphérique NCO1 du PIC, disponible sur la patte RA6 (patte 14). Ce signal carré est acheminé vers le connecteur d'entrée J2 (Audio_In) de la carte. Sur la photographie, on distingue deux câbles marron : l'un transporte le signal audio depuis la patte RA6 vers le PCB, l'autre amène le VCC, raccordé à proximité de l'interrupteur à glissière SW1. Les fils gris correspondent aux masses, conformément au code couleur retenu.

Le cheminement du signal sur la carte est le suivant : J2 amène le signal vers le condensateur de couplage C1 (1 µF), puis vers le potentiomètre de volume RV1 (10 k), avant d'attaquer l'entrée non inverseuse du LM386 (broche 3, la broche 2 étant à la masse). La sortie de l'amplificateur (broche 5) passe par le réseau de Zobel (R2 de 100 ohms et C5 de 47 nF) qui stabilise l'étage et prévient les oscillations, puis par le condensateur de liaison C6 (220 µF) vers le connecteur de sortie J3 relié au haut-parleur. L'alimentation arrive par J1 et l'interrupteur SW1, découplée par C2 (100 nF) et C3 (10 µF) ; la broche BYPASS (7) du LM386 est découplée par C4 (10 µF). Le gain de l'amplificateur est fixé à 20 par défaut, car les broches 1 et 8 ne sont pas pontées. Les masses des trois cartes sont réunies en un point commun, condition indispensable pour que le signal carré de RA6 soit interprété correctement par l'étage d'entrée.

Masse commune

Les masses des trois cartes sont réunies en un point commun : c'est la condition indispensable pour que le signal carré issu de RA6 soit interprété correctement par l'étage d'entrée du LM386.

Carte son câblée au reste du système
Figure - Carte son raccordée : entrée audio depuis RA6, alimentation près de l'interrupteur, masses en gris.
Détail du câblage de la carte son sur le PCB
Figure - Détail des connexions sur le PCB de la carte son : signal audio, alimentation et masses.

Vérification des connexions

Avant la première mise sous tension complète, on procède à un contrôle systématique, en plusieurs étapes. On commence par un contrôle visuel de toutes les liaisons, en confrontant chaque fil au plan de câblage. On réalise ensuite des tests de continuité au multimètre, hors tension : on vérifie que chaque signal relie bien la patte attendue du PIC à la borne attendue du sous-système, et qu'aucun court-circuit n'existe entre deux pattes voisines ou entre un signal et la masse. On confirme en particulier que toutes les masses sont communes (continuité entre les GND de l'écran, de la manette et de la carte son). Enfin, sous tension, on mesure la tension d'alimentation : VDD doit valoir +5 V sur les pattes 11 et 32, VSS étant la référence de masse sur les pattes 12 et 31, MCLR (patte 1) étant la ligne de reset qui doit être maintenue à l'état haut pour autoriser l'exécution.

Le tableau récapitulatif ci-dessous réunit, patte par patte, l'ensemble des connexions du système. Il sert de référence unique lors de la vérification et du dépannage.

Patte Port Sous-système Signal
1MCLRPICReset
11VDDPICAlimentation +5V
12VSSPICMasse (GND)
14RA6Carte sonSortie son NCO1 (vers J2 Audio_In)
15RC0ÉcranCS (sélection)
16RC1ÉcranRST (reset)
17RC2ÉcranDC (Data/Command)
18RC3ÉcranSCK (horloge SPI)
20RC5ÉcranSDI / MOSI (données SPI)
21RC6ManetteJoystick axe Y (ADC)
22RC7ManetteJoystick axe X (ADC)
27RD4ManetteBouton D (RÉGLAGES), actif-bas
28RD5ManetteBouton C (JOUER/RETOUR/MENU), actif-bas
29RD6ManetteBouton B (TIR), actif-bas
30RD7ManetteBouton A (non utilisé)
31VSSPICMasse (GND)
32VDDPICAlimentation +5V

Pour replacer ces liaisons dans leur contexte, le schéma bloc rappelle l'architecture globale du système : le PIC16F18877 au centre, l'écran ILI9488 sur le bus SPI1, la manette en entrée (ADCC et boutons) et la carte son en sortie sur RA6.

Schéma bloc de l'architecture du système
Figure - Rappel de l'architecture : microcontrôleur central, écran, manette et carte son.

À l'issue de ces contrôles, le système est prêt pour les essais fonctionnels : affichage du menu, lecture du joystick, réaction des boutons et restitution sonore. Toute anomalie constatée au démarrage renvoie immédiatement au tableau de câblage, qui constitue le point d'entrée naturel du diagnostic. Cette discipline de repérage et de vérification, menée patte par patte, est ce qui transforme trois sous-ensembles indépendants en un produit unique et fiable.